Comment modéliser ses covenants ou clauses de sauvegarde (2nde partie)

Clauses de sauvegarde: une modélisation  en trois étapes des covenants

En matière de clauses de sauvegardes, les

Pour s’assurer du respect des covenants bancaires, il va y avoir en pratiques plusieurs étapes « techniques »:

  • Collecte des données historiques identifiées comme rentrant dans le calcul des ratios
  • Détermination des drivers, des inducteurs, qui vont influer entre autres sur les ventes ou la structure bilancielle
  • Modélisation du Bilan, du compte de résultat et du TFT (tableaux de flux de trésorerie) qui devront être équilibrés

La collecte

La partie collecte des données va concerner d’une part des données monétaires et d’autre part des informations qui se présenterons sous forme de pourcentage ou d’unités. C’est à partir de ces informations que la détermination des drivers va pouvoir s’opérer.

De façon classique on va récupérer à minima les informations financières des trois derniers exercices ainsi que des informations sur les quantités et les prix unitaires.

Si on veut aller plus loin sur es composantes sensibles qui influent sur le résultat et donc in fine sur les ratios des clauses de sauvegarde, il faudra également récupérer (sans que ce soit exhaustif), les données relatives à la composition de la masse salariale, au coûts des achats des matières premières ou des biens vendus (prix ,volumes, consommation par produit vendu) ou investissements en cours et prévisionnels

La détermination des bons drivers

Ces drivers sont communément déterminés via une ou plusieurs méthodes.

Ventes

Dans la mesure où les informations du compte de résultat sont corrélées à celle des ventes, il est assez courant d’utiliser le pourcentage des ventes tandis que pour le bilan ce serait plutôt un calcul par différentiel.

inducteurs nécessaires pour modéliser l'atteinte des clauses de sauvegarde

Cette approche est évidemment basique mais à l’avantage de la simplicité.

Compte de résultat

Pour le compte de résultat on va pouvoir utiliser des inducteurs de type

  • Variation des ventes en pourcentage. C’est assez basique pour le moins mais cela peut permettre d’avoir une première vision du sujet. Il faut toutefois signaler qu’à partir du moment où l’objectif est de se confronter à la réalité, la meilleure solution est d’utiliser les informations dont disposent les commerciaux par exemple au travers des données du CRM.
  • Taux de Marge moyen.
  • Pourcentage des charges liées directement aux ventes.
  • Frais généraux . De façon générale on a des variations relativement faibles dans des entreprises matures donc un taux peut suffire dans une première approche. Néanmoins c’est un poste qui peut se révéler très important.
  • Pourcentage des taxes par rapport au Résultat Net avant impôt. Dans une première approche, un taux unique peut être utilisé en particulier si on est sur une seule zone géographique homogène d’un point de vue fiscal.
  • les DAP par rapport aux Investissements. Une solution plus élégante pourrait être de relier un modèle de suivi des investissements (que ce soient des biens ou des projets) qui calculerait les dotations aux amortissements.

Bilan

Pour le Bilan, on pourra utiliser les drivers ci-dessous:

  • DSO (le nombre de jours moyen d’encaissement des factures par les clients) par exemple de façon simplifiée DSO 2015 = Créances clients 2015 / Chiffre d’affaire annuel 2015 *365 /TVA
  • DPO (le délai de paiement des fournisseurs). Par exemple: DPO 2015 = Dettes Fournisseurs/Coût des produits vendus 2015 *365 / TVA
  • DIO (stock): Par exemple: DIO 2015 = Stocks 2015/ Coût des produits vendus 2015 * 365

Hypothèses pour élaborer un bilan prévisionnel conforme aux engagements des clauses de sauvegarde

Cette approche “macro” peut bien sûr être affiné avec un calcul de DSO par client ou un DIO par produit. C’est d’ailleurs préférable lorsque l’on souhaite affecter des zones de responsabilité précises pour améliorer son BFR.

Au-delà de ses éléments liés à l’activité, un autre sujet mérite l’attention: la performance de la fonction finance et en particulier le coût de la facturation et le délai mis à traiter une facture. C’est un élément non négligeable in fine pour améliorer son bilan et respecter les clauses de sauvegarde.

La modélisation

La modélisation on l’aura compris va consister à utiliser ces drivers calculés ou dérivés des années antérieures pour reproduire une sensibilité du modèle, sensibilité qui va permettre d’alimenter différents scénarios avec in fine une appréciation du respect des clauses de sauvegarde en fonction de la survenance de tels ou tels événements.

Si on décompose on a sans surprise un besoin d’analyse plus important sur la partie haute du P&L. C’est d’autant plus important que s’il n’y a pas de ventes alors la part des coûts fixes peut rapidement devenir problématique et obérer les résultats de la société. Et en retour fortement le respect des ratios des clauses de sauvegarde.

Un calcul de marge qui va alimenter notamment le P&L et le bilan financier

 

Dans ces conditions on utilisera des scenarios de type what-if? pour identifier les points de rupture potentiels. On peut avoir une approche très simple à ce niveau comme celle illustrée ci-dessous

Analyse what-if

 

Cette modélisation va pouvoir également se faire sur la base de statistiques ce que nous verrons dans un prochain post.

 

About the Author:

Valéry Feugeas
Valéry Feugeas, Associé Fondateur de Modellis, est passionné par les nouvelles technologies et leurs applications au travail et dans la vie quotidienne. Précédemment Valéry a exercé différents métiers dans le domaine de la Vente, de l'IT et du Contrôle de Gestion.

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