Les nouveautés du modèle d’analyse et de benchmarking des coûts informatiques du CIGREF 2014

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Les nouveautés du modèle d’analyse et de benchmarking des coûts informatiques du CIGREF 2014

Modèle des coûts informatiques – Cigref 2014

Fin 2014, le Cigref a sorti sa troisième mouture du modèle d’analyse et de benchmarking des coûts informatiques. Retour sur les principales différences entre les versions 2014 et 2009.

 

L’intérêt d’utiliser le framework du Cigref pour analyser ses coûts informatiques

Le modèle proposé par le CIGREF est le résultat d’une réflexion engagée par plusieurs grandes entreprises autour de leurs coûts informatiques et des inducteurs qui les influencent. Le partage de ces réflexions permet de proposer un socle solide pour tout ceux qui veulent comprendre ET expliquer les dépenses engagées par la DSI en sa qualité de fonction support mais aussi d’aiguillon de l’innovation.

Par nature la DSI est un centre de coûtsElle ne produit rien de tangible qui soit refacturé à l’extérieur de l’entreprise. Une analyse au travers des natures comptables n’est pas suffisante pour assurer un pilotage efficace de l’informatique, il est nécessaire de définir des coûts par destination

En effet, la DSI  fournit une multitude de services en interne qui ont un coût qu’il faut (ou faudrait) répartir au prorata de leurs utilisations par les directions opérationnelles. La difficulté principale est de déterminer une classification des services communément délivrés et, plus encore, de rattacher les coûts à des niveaux de consommation (les clés de répartition).

Le modèle d’analyse et de benchmarking des coûts informatiques proposent une normalisation des services et des indicateurs de performance (KPI) mais aussi un framework d’analyse reliant coûts et inducteurs de coûts.

Dans le cadre de l’établissement d’un budget IT, un tel framework est particulièrement utile car il permet d’une part de relier directement les variations de l’activité et les coûts associés et d’autre part de mettre en évidence les services réguliers minimum.

Qui plus est c’est un excellent moyen de clarifier le coût complet des investissements qu’ils soient liés à des projets métiers ou d’infrastructure. Ceci élimine les débats sur les problématiques de refacturation interne ou tout du moins clarifie les clés de répartition. Voir à ce sujet: Cost Center: Le Pilotage de votre centre de coûts

 

Le fait de normaliser les services permet en outre de comparer les coûts informatiques entre deux entreprises (ce qui peut être intéressant notamment pour la direction achat) mais aussi de mesurer la performance liée à un service rendu. De fait, grâce au benchmark,  il devient plus facile de raisonner par différence entre ses propres pratiques et celles des meilleurs dans le domaine et de lancer des actions correctrices.

Enfin un autre intérêt de ce framework, et non des moindres, il établit clairement un cadre de passage entre l’informatique et la finance qui contribue à un meilleur dialogue entre les deux parties prenantes lorsque l’on parle de coûts informatiques.

Les nouveautés du modèle d’analyse et de benchmarking des coûts informatiques du Cigref 2014

Arrivé en novembre 2014, la nouvelle mouture du modèle d’analyse et de benchmarking des coûts informatiques devrait progressivement remplacer celle de 2009. Le premier exercice budgétaire pour lequel ce framework pourra être utilisé est celui qui est en cours c’est à dire le budget 2016.

Il n’y a pas de révolution mais la prise en compte des modifications de l’environnement informatique et en particulier l’accélération des services liés au Cloud.

Passons en revue les nouveautés.

La version 2014 s’inscrit dans la perspective de définir un « Business model DSI », initiative en cours au CIGREF.

  • Un niveau de granularité plus fin pour les activités proposées dans la perspective d’une analyse plus précise des coûts informatiques et du pilotage de la DSI.
    • On passe de 39 items dans la version 2009 à 65 dans la version 2014 
    • Intégration des « nouvelles » activités induites par l’évolution technologique et en premier lieu du Cloud (SaaS, Iaas, …)
    • Stricte séparation des activités entre ce qui relève du manpower et ce qui est lié à d’autres facteurs (hardware, software, électricité, …)
    • Rattachement des coûts informatiques récurrents liés à l’infrastructure et des investissements associés
    • Simplification au niveau du couple activité – inducteur: un inducteur unique par activité
  • Généralisation de la notion de macro-activités pour faciliter des comparaisons inter-entreprises avec trois grandes familles dont les codes sont en Anglais, internationalisation croissante de l’économie oblige:
    • Run pour les services récurrents
    • Build pour tout ce concerne les projets et la maintenance évolutive
    • Enable notion qui recouvre toutes les activités permettant de faciliter le Build et le Run
  • Création d’une notion regroupant les « services techniques intermédiaires »permettant
    • allouer les coûts en fonction de technologies
    • analyser et comparer des coûts génériques pour certains items (IT de la DSI, coût d’une plateforme de développement, etc…)
  • Répartition des coûts au travers d’inducteurs à la maille « activités »  dans une pure logique ABC (Activity Based Costing)

Les piliers du modèle

Allocation des coûts selon la méthode « Activity Based Costing »

L’approche s’articule autour de trois niveaux : ressources , activités et services

  • Les Ressources correspondent à ce qui est dépensé par la DSI
  • Les Activités quant à elles traduisent ce que la DSI produit
  • Le niveau Services c’est que la DSI délivre

La matrice de passage utilise des inducteurs de ressources et des inducteurs d’activité de façon à ce que 100% des coûts informatiques (des ressources) soient bien répartis au niveau activités et services.

Allocations de coûts informatique avec Adaptive Insights

Allocations de coûts informatique avec Adaptive Insights

Services structurés en Famille

Les grandes familles constitutives du catalogue de services proposé par la DSI à ses clients (directions métiers généralement) sont décomposées dans le  modèle d’analyse et de benchmarking des coûts informatiques selon les typologies suivantes:

  • Environnement de travail et applications supportant les processus métiers transverses
  • Maintenance liée au Run
  • Projets métiers et maintenance évolutive de ceux-ci
  • Projet technique

Stricte séparation entre dépenses humaines (manpower) et les autres dépenses

Mutualisation des infrastructures au sein d’activités cohérentes

De fait ceci enlève le couplage qui pouvait exister entre une infrastructure (serveurs dédiés par exemple) et un service spécifique (facturation , comptabilisation,..). En mutualisant les dépenses par activités (les servuers de la gamme x)  et en utilisant des inducteurs techniques, la DSI peut mieux piloter l’ensemble des coûts liés à son infra de façon globale.

Pilotage du P&L et Vision Cash

Afin de permettre les arbitrages notamment sur la partie investissement le modèle propose outre une vision compte de résultat prévisionnel une vision encaissement-décaissement

Adaptive Planning - P&L et Cash Flow - Idéal pour une DSI pour présenter les coûts informatiques et les investissements

Vision combinée P&L et Cash Forecast

Apports et perspectives

La proposition de valeur défendue par le nouveau modèle d’analyse et de benchmarking des coûts informatiques tourne autour de la clarification des activités et des inducteurs uniques associés et du regroupement des services techniques intermédiaires. Ces deux grands aspects conjugués avec une normalisation des macro-processus va permettre au fur et à mesure de l’adoption du modèle de mieux maîtriser ses coûts informatiques et de se comparer plus facilement avec ses pairs. De fait, la logique de facturation interne va devenir plus transparente et plus lisible et contribuer à un meilleur dialogue entre direction financière et direction informatique.

 

By | 2017-01-18T13:10:48+00:00 août 31st, 2015|Categories: élaboration budgétaire, forecast|Tags: , , |1 Comment

About the Author:

Valéry Feugeas
Valéry Feugeas, Associé Fondateur de Modellis, est passionné par les nouvelles technologies et leurs applications au travail et dans la vie quotidienne. Précédemment Valéry a exercé différents métiers dans le domaine de la Vente, de l'IT et du Contrôle de Gestion.

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