Respecter ses covenants bancaires: l’apport de la modélisation financière (1ère partie )

Accueil » Blog Modellis sur le pilotage de la performance » Processus et bonnes pratiques » Respecter ses covenants bancaires: l’apport de la modélisation financière (1ère partie )

Respecter ses covenants bancaires: l’apport de la modélisation financière (1ère partie )

Respecter ses covenants: de l’importance de modéliser

Que sont les covenants bancaires?

Les covenants bancaires ou clauses de sauvegarde sont fréquemment insérés dans les contrats de prêts conclus entre les établissements financiers et les entreprises à la recherche de financement.
Ces clauses encadrent les conditions de crédit dans la durée et oblige les sociétés emprunteuses à satisfaire aux conditions visées par ces covenants. Généralement, il s’agit pour l’entreprise d’atteindre des objectifs mesurés au travers de ratios, ratios qui permettent d’apprécier la structure financière de celle-ci et de protéger le créancier en contrepartie de l’octroi du prêt.

Des clauses à haut risque

C’est une véritable épée de Damoclès qui plane au-dessus des entreprises car le non-respect des ratios financiers utilisés dans le cadre de ces covenants peut entraîner le remboursement anticipé de la dette contractée.  (Pour en savoir plus : Incidence d’une rupture d’un covenant bancaire sur la présentation des dettes financières – Groupe Revue Fiduciaire )

Il est donc compréhensible que la direction générale et son bras armé la direction financière soient attentives à ce sujet. Ils ne sont pas les seuls: les analystes regardent attentivement ce point en essayant d’anticiper les conséquences d’un revers de fortune lié à une baisse d’activité.

Quelques articles illustrant cet intérêt:

Par conséquent il est vital d’atteindre ces objectifs et en particulier à l’approche de la clôture annuelle des comptes, période où habituellement le bilan est dressé sur la situation de l’entreprise.

Quelques exemples de ratios que l’on retrouve communément dans les covenants bancaires

• Total liabilities to Equity ratio =Total liabilities / Stackholderr’s Equity
Debt to equity ratio = Total Debt/ Owner’s Equity
• Dette nette/excédent brut d’exploitation

 

Pourquoi faut-il modéliser l’atteinte de ces covenants?

Les ratios qui vont faire foi sont mesurés en fin de période. C’est traditionnellement à cette époque que les financiers apprécient le respect des covenants à la vue de la publications des résultats.

Néanmoins c’est évidemment tout au long de l’année et au fur et à mesure de la survenance événements attendus (ou non) que le résultat va progressivement se former.
De fait, pour respecter ses covenants bancaires, l’entreprise aura tout intérêt à apprécier au plus tôt les impacts de ces événements sur l’atteinte des agrégats présents au numérateur et au dénominateur.

C’est ici que la modélisation financière doit jouer pleinement son rôle.
Ce rôle quel est-il ? Tout simplement de mettre en lumière les causalités entre des indicateurs opérationnels ou financiers et la cible à atteindre et ce le plus tôt possible afin, le cas échéant, de corriger la trajectoire.

 

Une modélisation plus complexe qu’on ne pourrait le croire

Pour calculer ne serait-ce que trois ratios financiers sur lesquels se basent ces covenants bancaires, la difficulté est beaucoup plus importante qu’il n’y paraît de prime abord.
Prenons un exemple pour illustrer ce propos.

Une société X a souscrit un prêt sur 5 ans avec dans ses covenants bancaires le respect de trois ratios :
• Current Assets/Current Liabilities>1
• Total liabilities / Owner’s Equity <4
• EBITDA/ Interest Expenses > 2

Une modélisation complexe basée sur l’analyse du passé

Si on décompose le sujet pour le premier ratio, il va falloir modéliser les parties Actif courant et Dettes courantes que l’on retrouve au bilan et par construction, il va falloir mécaniquement être en capacité de prévoir les créances clients, les stocks, les dettes fournisseurs et autres dettes à court terme. En d’autres termes, il va falloir modéliser l’ensemble du cycle d’exploitation affectant le working capital.

Pour les deux ratios suivants il va falloir en plus intégrer des informations du compte de résultat (P&L). Si pour l’EBITDA cela saute aux yeux, il peut être utile de préciser que la valeur en fin de période qui reste aux actionnaires va dépendre du résultat positif ou négatif de l’année.
Bien évidemment comme nous parlons de forecasts, ceci inclue de présenter des données prévisionnelles sur plusieurs items et communément on part de données historiques sur les périodes passées avant d’utiliser différentes techniques statistiques. Par exemple.
• Ventes
• COGS
• Marge
• Operating Expenses
• Les coûts associés à la dette
• Les Dotations aux amortissements et prévisions
• Les investissements envisagés

Importance des inducteurs business dans la modélisation

Maintenant si on part du principe que ces éléments qui vont rentrer dans nos calculs du numérateur et du dénominateur des ratios de covenants bancaires que la Société X doit respecter ne sont eux-mêmes que des résultats intermédiaires, alors il va falloir s’intéresser aux éléments « business » qui permettent leurs calculs et surtout expliquent leurs potentielles variations.

Ici on va pouvoir utiliser différents KPI qui entrerons dans la modélisation, ces KPI étant fonction de l’activité de la société. Par exemple
• Le chiffre d’affaires, les quantités et prix unitaires par produits/SKU
• Les ventes par magasin (s’il s’agit d’une société de distribution)
• Les ventes par m²
• La marge par zone géographique, par produit, par business unit
• Le taux d’attrition client
• La capacité de production
• Etc.

Nous allons voir dans la seconde partie les étapes nécessaires à la modélisation des covenants bancaires

 

About the Author:

Valéry Feugeas
Valéry Feugeas, Associé Fondateur de Modellis, est passionné par les nouvelles technologies et leurs applications au travail et dans la vie quotidienne. Précédemment Valéry a exercé différents métiers dans le domaine de la Vente, de l'IT et du Contrôle de Gestion.

Leave A Comment