Saas CPM : Quels enseignements tirer du dernier Magic Quadrant du Gartner CPM 2015

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Saas CPM : Quels enseignements tirer du dernier Magic Quadrant du Gartner CPM 2015

SaaS CPM is Mainstream

Le Gartner a publié il y a quelques jour son fameux Magic Quadrant pour le Corporate Performance Management (CPM). Au-delà des leaders traditionnels (Oracle, SAP et IBM) on assiste à la montée inexorable des pure-players du Saas comme Anaplan et bien sûr Adaptive Insights.

L’irrésistible ascension des pure-players SaaS CPM

Adaptive Insights pour la deuxième année consécutive est classé dans la catégorie Visionnary dans l’étude du Gartner « Magic Quadrant Corporate Performance Management Suites Avril 2015 ».

Ce qui est intéressant selon moi, c’est qu’à côté d’Adaptive Insights et Host Analytics, deux nouveaux pure-players SaaS CPM  viennent rejoindre le leader du marché dans le Cloud: Anaplan et Tidemark.

On peut en déduire que l’attractivité des solutions tirant pleinement partie du  Cloud ne cesse de progresser dans le domaine du pilotage de la performance comme dans d’autres (Salesforce dans le CRM, Workday dans le HR, NetSuite dans l’ERP, …)

Il y a quelques mois nous avons du choisir une plateforme pour notre projet. (Voir à ce sujet l’article Nos critères pour choisir une solution CPM) et nous étions déjà convaincus à l’époque par la formule « Cloud is Mainstream » y compris pour le SaaS CPM.

2013: Une seule solution pure Saas CPM est présente dans le Quadrant Visionnaries : HostAnalytics

Gartner Magic Quadrant 2013 Corporate Performance Mangement

Gartner Magic Quadrant 2013 Corporate Performance Mangement

2014: Adaptive Insights intègre directement la catégorie Visionnaires

Gartner Q1 2014

2015 : Anaplan et Tidemark rejoignent Adaptive Insights et HostAnalytics

Magic Quadrant Gartner 2015 CPM Suites -  Adaptive Insights leader du Saas CPM

Magic Quadrant Gartner 2015 CPM Suites – Adaptive Insights leader du Saas CPM

Le Cash, le nerf de la guerre

Les pures Players CPM SaaS ont tous reçus énormément d’argent pour permettre une ascension rapide. A noter, qu’il est extrêmement difficile d’avoir des chiffres certifiés en dehors des fonds levés

Les plus « anciens » ont au début reçu relativement peu d’argent, les investisseurs ayant été échaudés par la Bulle Internet. Tout a changé pour ceux qui sont nés avec la période du Quantitative Easing (QE) avec un taux de rendement obligataire très faible et de refinancement quasi-nul.

Voici un petit tableau très simple avec les données en provenance de Crunchbase à aujourd’hui. Un point mérite une explication c’est le round. Au début les investisseurs financent le développement du produit (round A) et plus vous monter plus vous vous rapprocher de l’IPO ou de la vente. Au fur et à mesure les investisseurs spécialisés sur le eary-stage laissent la place ou deviennent minoritaires par rapport à ceux qui sont spécialisés dans l’entrée en bourse ou la revente.

Fonds levés par Adaptive, Anaplan, HostAnalytics et Tidemark - Source CrunchBase

Fonds levés par Adaptive, Anaplan, HostAnalytics et Tidemark – Source CrunchBase

Premier constat : Le montant des fonds levés est très important.

Pour donner des points de comparaison Google avait été financé à hauteur de $ 25 millions avant son IPO, Yahoo $ 6,8 millions, Amazon $8 millions, Ebay $ 6,7 millions, …

Deuxième constat : Pour les différents acteurs à l’exception d’Anaplan, il y a eu beaucoup de Rounds

Techniquement cela signifie que les prochaines échéances pour Adaptive Insights, Hostanalytics et  TideMark seront normalement l’entrée en bourse et la revente.

Quels sont les signes annonciateurs d’une IPO

Recrutement d’un CEO et/ou d’un CFO spécialisé dans le domaine des introductions en bourse, ouvertures de bureaux à l’étranger, réduction des coûts dans certains domaines, …

Quelles sont les caractéristiques d’un pure-player SaaS CPM?

Architecture multi-tenant

La solution est basée sur une architecture multi-tenant permettant de délivrer le service à plusieurs organisations clientes à partir d’une seule installation. Ceci nécessite que la solution soit conçue dès le départ pour partitionner virtuellement ses données et sa configuration.

Ceci permet de mutualiser les ressources et les coûts nécessaires à l’exécution de l’application: l’ensemble des clients utilisent une version unique de la l’application (hors paramétrage).

On entend souvent parler de Cloud-privé. Attention à la confusion soigneusement organisée par ceux qui ont tout intérêt à promouvoir ce qui en fait n’est que de l’hébergement mutualisé de votre propre instance.

Dernières technologies et Mobilité dès la conception

L’ensemble des acteurs sont nés au moment du démarrage du Cloud ou légèrement après. Il était logique que ceux-ci utilisent les technologies les plus avancées et les plus légères.

Ces entreprises disposaient d’un retour d’expérience assez significatif sur les technologies de développement Web  d’une part dans les entreprises traditionnelles et d’autres part  chez les nouveaux géants de la Hi-tech. En outre, l’explosion de l’utilisation des tablettes et des smartphones était déjà dans l’air du temps.

Des fonctionnalités principalement liées à la fin de contraintes techniques

Toutes les solutions SaaS CPM qu’on a pu voir, tester ou utiliser propose nativement des « fonctionnalités » nouvelles. Très souvent ces nouveautés sont directement liées à la fin de limites permises par les nouvelles technologies.

Une des limites les plus saillantes était associée au couple volumétrie /rapidité. Aujourd’hui technologiquement et économiquement (grâce au IaaS), le stockage des données n’est plus un enjeux. La démocratisation apportées par la baisse de solutions de stockages ultra-rapides type SSD et l’adoption de base de données en colonnes, la capacité de traitement en mémoire offerte par le passage en 64 bits, etc…  ont permis de s’affranchir de nombreuses contraintes.

Un exemple est le principe du cube OLAP qui aujourd’hui a beaucoup moins de sens, les agrégations se faisant instantanément sur les nouvelles solutions.

L’organisation est alignée sur le modèle économique du SaaS

Pour avoir un premier aperçu, je vous invite à lire l’article Comprendre les business models ou à vous référer à l’excellent blog de David Skok fortentrepreneurs.com.

Fondamentalement, le succès de ses entreprises repose sur la qualité du service ce qui inclut le produit (le software) et tout ce qui tourne autour: le support, la mise à disposition de nouvelles features sur un rythme soutenu, la disponibilité de la plateforme, les temps de réponse,…

De fait l’organisation doit être extrêmement agile et réactive à tous signaux faibles indiquant une diminution de la satisfaction des clients pouvant augmenter le churn rate. Ceci peut nécessiter des investissements importants qui ne seront rentables qu’avec l’accroissement des souscripteurs et ce avec un décalage entre les décaissements nécessaires à l’acquisiton d’un client (on parle de CAC)et les encaissements sus forme de loyer (annuel (ARR)ou mensuel) et ce sans compter les problématiques de reconnaissance de revenus.

C’est une course et pour être le premier (« the winner takes all ») les entreprises ont recours à des fonds d’investissements qui apportent des financements, un réseau et qui fabriquent ou modèlent le produit fini (l’entreprise) soit dans l’objectif d’une IPO soit dans une optique de revente, parfois à une entité de leurs propres réseau. Il y a beaucoup à dire sur ce sujet mais ce sera dans un autre post.

Néanmoins on l’aura compris ces entreprises doivent atteindre très vite une taille critique pour arrêter de consommer du cash et au contraire en générer énormément et ensuite pour atteindre un chiffre d’affaire descend au regards des investissements initiaux. La problématique de la rentabilité est secondaire à ce stade.

En conséquence la structure va énormément dépenser en marketing et en commercial durant les premières années (en moyenne 28% selon l’étude 2014 Pacific Crest Saas Survey) et en R&D (23% selon la même étude) à comparer avec 15% de G&A. Il me semble très compliqué de repositionner une entreprise traditionnelle sur ces ratios et d’ailleurs ce n’est sûrement pas souhaitable.

By |2017-01-18T13:10:52+00:00avril 7th, 2015|Categories: élaboration budgétaire, forecast, rolling forecast|0 Comments

About the Author:

Valéry Feugeas
Valéry Feugeas, Associé Fondateur de Modellis, est passionné par les nouvelles technologies et leurs applications au travail et dans la vie quotidienne. Précédemment Valéry a exercé différents métiers dans le domaine de la Vente, de l'IT et du Contrôle de Gestion.

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